Adèle RAYNAUD
Comme beaucoup d’élèves je suis arrivée à la MFR par amour du cheval. Ayant jusqu’alors suivi un parcours en lycée général, le BTS a été ma première expérience d’une formation technique directement en lien avec un/des futur(s) métier(s). Ça a été une expérience très constructive de me trouver confrontée à des camarades ayant suivi un parcours complet (BEPA + BAC) à la MFR et très avancés en zootechnie ou même en gestion par exemple. Nous nous sommes entraidés au sein de la promo pour que le bagage de chacun bénéficie à tous, et ça a été une bonne remise en question. Il y avait à la MFR à St Flour des élèves ayant fait le CHOIX d’une filière professionnelle qui s’en seraient très bien sorties en filière générale. Ça casse le mythe des filières générales synonymes d’excellence et des filières professionnelles dédiées aux mauvais élèves.
Suite à mon BTSA ACSE (2011*2013) réalisé à la MFR j’ai souhaité poursuivre mes études par une Licence en Management et Gestion des Entreprises de la Filière Cheval à l’IUT d’Alençon. J’avais le sentiment de ne pas avoir totalement acquis la partie gestion d’entreprise et aussi l’envie d’aller plus loin sur les aspects « filière », avec l’envie de travailler dans des OPA par la suite.
Un Master en Développement Agricole et Politiques Economiques a complété mon cursus. Merci Hervé de m’avoir inculqué cette passion pour l’économie que j’ignorais totalement avant mon passage à la MF. Et heureusement parce que j’ai dû bûcher pour me mettre à niveau !
Depuis j’ai exercé plusieurs missions : du conseil à l’installation en Chambre d’Agriculture, de la gestion de Data pour Sodiaal, un poste d’ouvrier agricole en élevage allaitant. Pour moi c’est important de témoigner aux élèves qu’un BTSA ACSE peut mener un peu partout pourvu qu’on en ait envie et qu’on s’en donne les moyens. Sur le CV ça fait moins joli qu’un diplôme d’ingénieur, mais en pratique 2 ans d’alternance ça donne quand même une expérience et une légitimité quand on se retrouve en position de conseil vis-à-vis d’éleveurs. D’ailleurs en master, j’ai réutilisé mes cours de BTS sur les matières techniques et mes notes de visites de fermes à plusieurs occasions. Et aujourd’hui encore il m’arrive de comparer les systèmes locaux avec mes souvenirs des exploitations cantaliennes.
Je suis actuellement conseillère auprès d’éleveurs en agriculture biologique au sein de la Chambre d’Agriculture des Ardennes. Deuxième dédicace à Yves, moi qui n’avais pas un grand penchant pour l’agronomie et les prairies, je vais reprendre une mission de conseil herbe et fourrage en 2023. Dans le réseau des Chambres nous sommes de grands fans d’approche globale, c’est le cœur de nos métiers, et je suis fière d’avoir été formée à ça dès le BTS. Au quotidien mon métier c’est à la fois du conseil technico-économique en élevage, de l’information réglementaire (souvent des petites questions posées par téléphone), et aussi proposer des formations et des portes ouvertes avec une compétence d’animation de groupe et de réunion que j’ai appris un peu sur le tas. On utilise des références et des fichiers de calculs propres à nos besoins locaux, mais dans l’esprit on fait vraiment appel à ce qu’on apprend en BTS. Le défi actuel c’est plutôt de réussir à « vendre » nos conseils et à proposer des thématiques et des formats vraiment pertinents car les agriculteurs trouvent de l’information facilement sur internet. Dans le conseil il y a aussi un gros facteur humain qu’on ne mesure pas trop quand on sort de formation et c’est l’expérience qui nous enrichit. Oui on fait du conseil technique sur des thématiques données, mais on conseille avant tout des personnes qui parfois n’ont pas envie ou ont peur de changer leurs façons de faire.
Finalement mon seul regret c’est peut-être d’avoir fait mon alternance en élevage équin parce que le BTS a été un peu une révélation pour moi sur mon intérêt pour les productions agricoles en général et l’élevage bovin notamment, qui est au cœur de mon métier aujourd’hui. Plus généralement mes souvenirs de la MF c’est aussi un esprit de groupe. Dans un « petit » centre de formation on est quelqu’un. Les moniteurs nous connaissent, nous accompagnent dans notre formation et nos projets. J’ai d’ailleurs gardé contact avec Hervé. Et on est aussi des petites classes. Marine FAURE que j’ai rencontré pour la première fois à la semaine d’intégration aux écuries est aujourd’hui une de mes meilleures amies. Je garde des supers souvenirs à cheval comme à pied, pendant les week-ends de garde, sur les manifestations avec un rythme infernal, en Irlande, sur les visites d’exploitations qui nous ont permis de voir autre chose que des chevaux, et dans notre salle de classe où on passait l’essentiel de notre temps. Il y a aussi eu quelques larmes (fichus EPI, mais il parait que ça n’existe plus), et du stress jusqu’au dernier moment à l’examen final. Mais pour rien au monde je ne changerais de destination si je devais recommencer mon BTS aujourd’hui !
N.B. : Pour les parents d’élèves sortis de Bacs généraux, inquiets de voir leurs enfants partir vers une formation « courte », les miens étaient dans le même état d’esprit. Mis à part les multiples aller retours pour m’emmener à la gare tous les quinze jours, et le bouche à oreille pour me trouver des stages (eh oui l’alternance ça mobilise toute la famille), ils sont ravis de la formation que j’ai reçue. Ils étaient rassurés de me savoir bien encadrée, plus qu’à l’université par exemple, et le sont encore plus aujourd’hui quand ils voient que j’exerce dans une filière qui recrute et que je n’ai jamais eu de soucis pour trouver du travail.